Les intervenants

LES INTERVENANTS

Lionel Jacquot, José Rose, Yannick Hoffert, Bénédicte Vidaillet, Sylvie Montchatre, Michel Lallemant, Matéo Alaluf, Jean-Paul Gehin, Eve Duchemin.

LIONEL JACQUOT coordinateur général et intervenant

Membre du Laboratoire Lorrain de Sciences Sociales (2L2S) / Professeur à l’Université de Lorraine au Département de sociologie

Membre du comité de rédaction de La nouvelle revue du travail  dont la rubrique « appel champs contrechamps » est à l’image de l’ouverture dont nous parlions plus haut

Dernier Essai Travail et dons (sous la direction de), Presses Universitaires Nancy, 2011. Le paradoxe est saisissant : le travail est célébré comme il ne l’a jamais été au moment même où sont mis en lumière les crises, les maux et les affres qui attaquent ses fondements. A l’heure où les œuvres cinématographiques et littéraires mais aussi les écrits scientifiques mettent le projecteur sur la question de la souffrance au travail, n’est-il pas opportun de réinterroger, en suivant les traces d’Émile Durkheim et de Marcel Mauss, les composantes du travail-institution, d’analyser les formes modernes du travail à l’aune des fonctions qui lui sont assignées ?
Cet ouvrage, tiré des premières biennales Durkheim-Mauss organisées par la Société d’Émulation du Département des Vosges et le Laboratoire Lorrain de Sciences Sociales, porte sur le travail, fait social total qui met en branle la totalité de la société et de ses institutions. 

JOSÉ ROSE co-coordinateur général et intervenant

Chercheur en sociologie à l’Université d’Aix -marseille, Docteur d’état en sciences économiques / membre au CNRS de l’équipe de recherche engagée dans le projet ANR intitulé BIPAJE, dirigé par Claire Bidard et dédié à une comparaison internationale (France, Argentine, Québec) des trajectoires des jeunes, ancien directeur du CEREQ à Marseille, ancien Membre du laboratoire de sociologie le GREE de Nancy/ancien vice-président de L’université de Nancy 2

Dernier essai : « Qu’est-ce que le travail non qualifié ? » édition La Dispute, 2012. On constate aujourd’hui une recrudescence des emplois dits  » non qualifiés « , payés au salaire minimum, ayant un statut dégradé et n’offrant que peu de perspectives professionnelles. Dès lors, il devient urgent de comprendre précisément ce que signifie précisément « la qualification » et la « non-qualification » du travail, de l’emploi et des personnes, pour envisager au niveau politique, comme le propose l’ouvrage, de « requalifier le travail ».

YANNICK HOFFERT

Maître de conférences à l’Université de Lorraine. Il y enseigne le théâtre et la littérature du vingtième siècle.

Dernier essai: Jean Vauthier, Théâtre vibrant Eidôlon, N° 89 PUB 2011

Le mot de l’éditeur : Jean Vauthier est un poète de la scène. Auteur d’une oeuvre ardente, toute pétrie de sueur et de sang battant, il jette sur le plateau des âmes incandescentes. En musicien du théâtre, il fait vibrer les corps et les voix, toujours en démesure. A l’heure de son centenaire, Vauthier mérite d’être redécouvert. Avec Beckett, Genet, Ionesco, Schéhadé ou encore Audiberti, l’auteur de Capitaine Bada et du Sang appartient à la génération des dramaturges du Théâtre Nouveau qui a émergé sur les scènes parisiennes après la Seconde Guerre mondiale. Commencée en 1951, sa riche carrière théâtrale le voit collaborer avec certains des plus grands de son époque, débutants prometteurs ou valeurs reconnues – Gérard Philipe, Jean-Louis Barrault, Marcel Maréchal, Jorge Lavelli, Claude Régy, Patrice Chéreau. Son oeuvre est d’une incontestable originalité. Auteur classé dans l’avant-garde, mais qui déclare ignorer tant Beckett que Ionesco, à l’écart de la vogue brechtienne, amoureux du verbe poétique à l’heure de la tragédie du langage, novateur peu préoccupé d’innovation, Vauthier n’a voulu être que Vauthier […]

BÉNÉDICTE VIDAILLET

Maître de conférences en sciences des organisations à l’Université de Lille-I et psychanalyste. Son précédent livre Les Ravages de l’envie au travail (Eyrolles, 2006) a reçu le prix du livre RH Science Po./Le Monde en 2007, et la mention spéciale du Prix de l’Institut Manpower pour l’Emploi en 2008.

Le Mot de l’éditeur  : Evaluez-moi ! Evaluation au travail : les ressorts d’une fascination,Seuil 2013. L’évaluation a fait l’objet de nombreuses critiques. Mais aucune ne permet de comprendre pourquoi elle continue de se diffuser. Cet essai propose une réponse : l’évaluation se développe malgré ses méfaits, parce que dans le contexte actuel de sur-sollicitation des salariés, elle se présente comme une bouée de sauvetage. Il y a en chacun un désir d’être évalué, et l’évaluation fournit une appréciation, nécessaire à l’équilibre psychique des salariés quand la logique de performance ne leur signifie que leur insuffisance. Pour les mêmes raisons, l’évaluation est aussi un évacuateur de culpabilité. Elle possède en outre une logique perverse qui la rend incontournable : elle organise une vérification du moi. S’améliorer, se surpasser est une promesse de l’évaluation qui répond au besoin de complétude du sujet. Finalement, elle est une fausse opération de reconnaissance : elle alimente le besoin de reconnaissance tout en prétendant y répondre définitivement, alors que ce n’est psychiquement pas possible. Elle fonctionne donc comme un piège. Et en mettant chacun à la place qu’il « mérite », elle évacue la confrontation à l’autre, la compétition remplaçant le conflit. En comprenant comment l’évaluation agit sur nous, alors qu’elle contribue grandement à détruire notre désir de travailler, notre relation à l’autre, cet essai donne aux salariés les moyens de cesser de s’y plier.

 SYLVIE MONTCHATRE

Maître de conférences en sociologie à l’université de Strasbourg, membre de l’UMR SAGE (Sociétés, Acteurs, Gouvernement en Europe). Ses recherches portent sur les usages sociaux de la compétence dans le travail et la formation, analysés au regard des politiques de mobilisation salariale mais aussi des usages sexués de la main-d’œuvre et des conditions de déroulement des parcours professionnels.

Dernier essai : Etes-vous qualifié pour servir ? La dispute, 2012

Le mot de l’éditeur : Plus de deux cent mille serveurs dans la société française, plus de cinq cent mille employés et ouvriers du secteur de l’hôtellerie-restauration s’affairent à nous servir, mais que savons-nous d’eux ? Cet ouvrage aborde leur univers par la petite porte : celle des salariés d’exécution, issus de milieux populaires. Comment ont-ils été enrôlés dans ces emplois ? Dans quelles conditions pratiquent-ils leur activité ? Comment se présentent leurs parcours de vie ? Sylvie Monchatre met l’accent sur les qualifications, l’activité et les itinéraires scolaires et professionnels des employés de l’hôtellerie-restauration. Elle analyse l’influence de conditions de travail souvent précaires sur le destin professionnel mais aussi sur la vie personnelle de ceux qui exercent un métier dit « de service ». Les tranches de vie de travail présentées donnent ainsi à voir une population dont l’existence est tout particulièrement marquée par les assignations de genre. L’auteure souligne ainsi les dangers du salariat de service, qui menace d’asservir ceux et surtout celles qui sont condamnés à le pratiquer à vie, mais présente aussi des exemples de stratégies professionnelles et personnelles d’émancipation.

MICHEL LALLEMANT

Sociologue et professeur titulaire de la chaire d’Analyse sociologique du travail, de l’emploi et des organisations au Centre National des Arts et Métiers (Cnam). Il est membre du Laboratoire Interdisciplinaire pour la Sociologie Economique (LISE-CNRS). Il est enfin membre des comités de rédaction de Sociologie du travail et Temporalités.

Derniers ouvrages parus :
Le travail sous tensions, Editions Sciences Humaines, 2010.

Le mot de l’éditeur : Délocalisations, flexibilité, mobilité, concurrence, performance, le travail est aujourd’hui soumis à de nombreuses contraintes structurelles et conjoncturelles. Il est “sous tensions”. Dans un tel contexte, quel sens donner à la notion de “travail” ?
Le travail est “sous tensions” : entre firmes globales et nationales, entre public et privé, entre ceux qui ont un emploi et ceux qui en cherchent, entre jeunes et moins jeunes, entre nécessité de gagner sa vie et souci de vivre mieux, entre souci de performance et besoin de reconnaissance…
Dans une période de crise, où chacun s’interroge sur le devenir de son emploi, ce livre tente de faire une synthèse des grandes questions qui animent les débats autour du travail aujourd’hui et esquisse les voies de l’avenir dans ce domaine.

Le travail de l’utopie. Godin et le Familistère de Guise, Les Belles Lettres, 2009.

Le mot de l’éditeur : Des logements propres et confortables, des écoles à la pointe de la modernité pédagogique, des loisirs variés, des magasins de proximité, un système de protection sociale contre les accidents de la vie. C’est déjà à partir de 1859, au Familistère de Guise dans l’Aisne, que Jean-Baptiste André Godin bâtit un Palais social, juste aux côtés de son usine d’appareils de chauffage. Rare expérimentation d’inspiration fouriériste qui a su résister au temps, le Familistère est une réponse unique et originale à la question sociale qui tenaille alors une société en voie d’industrialisation. Dans la ruche «familistérienne», la reine porte un nom : solidarité.
Autodidacte frotté de spiritisme, homme politique, journaliste, auteur de multiples ouvrages à visée réformiste, Godin (1817-1888) multiplie les rôles tout au long de sa vie. Mais il est avant tout un manufacturier hors normes, doué d’un sens aigu de l’innovation : ses poêles en fonte sont toujours célèbres aujourd’hui. Godin est aussi un socialiste pacifiste qui s’oppose aux principes du libéralisme. Avec des succès inégaux, il expérimente la démocratie industrielle et promeut l’économie sociale ; féministe, il agit en faveur de l’éducation mixte, du travail des femmes et de la parité dans la gestion des affaires du Familistère.
Michel Lallement, grâce à l’exploitation approfondie des archives du Familistère, restitue la vie de Godin et les principes qui guidèrent son action. Sans jamais séparer l’homme du contexte dans lequel celui-ci pense et agit, cette biographie est aussi celle des principales inventions auxquelles Godin donne vie. En cela, elle éclaire de profil l’histoire du socialisme et des alternatives au libéralisme économique : toutes menées au nom du caractère vital et sacré du travail, les initiatives et propositions de Godin ont connu des fortunes différentes, puisque paradoxalement, ce n’est pas entre les murs de l’usine mais bien plutôt au coeur du Palais social que le travail de l’utopie a porté ses principaux fruits.

 

www.alternatives-economiques.fr/le-travail-de-l-utopie–godin-et-le-familistere-de-guise-par-michel-lallement_fr_art_831_42662.html

 MATEO ALALUF

Sociologue belge d’origine turque, Docteur en sciences sociales et professeur ordinaire à l’Université libre de Bruxelles, spécialiste des questions relatives à l’emploi, à la qualification du travail et aux rapports entre formation et emploi. Il est membre du comité de rédaction de la revue belge Politique, revue de débats1.

« Mesures et démesures du travail » editions-universite-bruxelles

Le comble de la mesure, c’est le travail. On travaille en mesure, selon des cadences incorporées dans les flux de production et selon des pressions intériorisées. Le travail divise, se divise, se rémunère, il se présente comme étalon de tous les biens, mais n’a pas de valeur absolue. Et il faut bien des conventions pour que l’équivalence entre travaux puisse être établie. On dénombre des cycles, des heures et des jours ouvrables dont le travail déborde. Le travail ne se mesure jamais mieux que dans sa démesure, par excès ou par défaut, quand il brille par son absence, s’évade, surmène, résiste, fait grève ou bien s’épuise. A présent, la mesure est comble. Partout, des pratiques professionnelles sont saisies par une profusion de mesures renouvelées : évaluation des compétences, indicateurs de performances, catégorisation des objectifs, normes de qualité, standardisation des procédures, benchmarking, facteurs d’impact. La démesure du travail serait-elle un corollaire de la production « sur mesure » ? Qui mesure quoi, comment et avec quels effets ?

 JEAN-PAUL GEHIN

Enseignant chercheur, maître de conférences à l’Université de Poitiers et membre du GRESCO. Il a publié de nombreux articles et ouvrages en sociologie du travail et plus particulièrement sur la question des modalités d’articulation entre éducation et travail. Responsable et enseignant dans des masters de réalisation documentaire, il s’intéresse à la médiation scientifique et à l’usage des images en sciences sociales. Il est également Président de l’association « Filmer le travail », et dirige le festival du même nom.

Dernier ouvrage paru
« Images du travail, travail des images » Jean-Paul Géhin et Hélène Stevens (dir.) 2012 Ed.PUR en coédition avec les Éditions Atlantiques
Comment montrer le travail par l’image ? C’est à cette question que répondent ici sociologues, historiens, ethnologues, anthropologues, professionnels de la photographie et du film. Question complexe dès lors que le présupposé de la transparence de l’image est rejeté et que l’appréhension du travail se fait dans sa triple dimension gestuelle, relationnelle et subjective. Pluridisciplinaire, réflexif, accompagné d’un cahier de photographies, ce livre propose une large réflexion sur la place des images, leurs conditions de production pour ou par l’enquête et leurs usages en sciences sociales.

 EVE DUCHEMIN

Réalisatrice Née à Paris en 1979 intègre en 2002 les sections Mise en scène et Image de l’INSAS à Bruxelles (Institut National Supérieur des Arts du Spectacle). Depuis 2005, elle a réalisé des documentaires. Elle présentera son dernier documentaire «l’âge adulte» : Sabrina est une jeune fille de 20 ans. Elle fait des ménages pour gagner sa vie en attendant d’achever ses études d’aide-soignante. Sa chambre est encore remplie de peluches et d’affiches de L’Étrange Noël de Monsieur Jack. Et elle affirme sa volonté de rentrer dans la vie active, et de commencer enfin sa vie de femme. Depuis peu, elle a pris la décision de prendre un nouveau job qui l’emmène dans les nuits marseillaises.

Interview d’Eve Duchemin, L’âge adulte
www.youtube.com/watch?v=u04MQRnOiv4
Devant et derrière la caméra, la précarité
www.dailymotion.com/video/xaamsh_devant-et-derriere-la-camera-la-pre_news#.UVBSiVeun1s

Didier DOUMERGUE

Didier Doumergue a fait du théâtre sa raison d’être. Il y a 25 ans, il co-fondait l’association culturelle Le Studiolo sur le site de l’Institut régional du travail social de Lorraine, au Ban-Saint-Martin. Et réunissait l’art et le politique.

Didier Doumergue propose un projet conduit depuis 2007 avec des travailleurs sociaux, des chercheurs, des formateurs et des artistes dont l’objectif est, chaque année, de réaliser une exposition intitulée « L’objet du travail social » convoquant des objets aussi divers que le cahier de liaison, le dossier de prise en charge, etc. L’idée étant de rendre visible le travail social en train de s’effectuer dans la mise en scène visuelle de ses objets sous forme d’images, photos ou vidéos, d’œuvres en trois dimensions, d’installations diverses, de performances et de montrer comment ces actants humains et non humains participent à définir l’action sociale, éducative, et la recherche.

Présentation de « l’objet du travail social » n°6, juin 2012

http://lestudiolo.blogspot.fr/2012/06/lobjet-du-travail-social-n-6-atlas-une.html

LE COLLECTIF IMAGE-EN-TRANSIT

www.images-en-transit.org .

Long métrage: « Travailleuses… »

Par un même processus de coopération, 6 artistes et réalisateurs ont élaboré avec des travailleuses de 5 pays des représentations croisées de femmes au travail. Chaque réalisateur a filmé dans son pays.

Parce qu’il partage la culture des femmes qu’il interroge, en respectant le regard de l’autre, donné par les mots, les gestes, l’attitude, ainsi s’éloigne un peu la prise de pouvoir de l’un sur l’autre, on tient à distance le stéréotype, le préjugé ; quelque chose peut advenir dans l’écriture partagée. Les images ont été mises en commun et deux films réalisés. En 2012, le court métrage « ouvrières ? » puis en 2013, le long métrage, « Travailleuses… ».

Images en transit, ce sont 6 artistes, vivant sur 3 continents, qui travaillent ensemble depuis 4 ans.

  • Catherine Egloffe (France)
  • Lingjie Wang (Chine)
  • Jingfang Hao (Chine)
  • Andreea Palade Flondor (Roumanie)
  • Serge Désiré Ouedraogo (Burkina Faso)
  • Bouna Chérif Fofana (Mali)